Fuites urinaires après accouchement : Comment les éviter ?

Lors d’une grossesse, il n’est pas rare de voir s’installer des incontinences d’effort. L’accouchement ne règle pas le problème bien au contraire, des précautions sont à prendre et des solutions existent pour que les fuites urinaires après accouchement ne persistent pas dans les mois qui suivent. Nous faisons le point…

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A partir du deuxième trimestre de la grossesse 3 à 4 femmes sur 10 présentent une incontinence urinaire d’effort. Le plus souvent, le poids du bébé est en cause. Il étire les muscles, ligaments et nerfs qui participent au maintien de l’appareil urinaire. La fuite survient lors d’un éclat de rire, en faisant du sport ou en soulevant une charge lourde. Toute activité qui augmente la pression à l’intérieur de l’abdomen est alors à risque en fin de grossesse.

Malheureusement, l’accouchement ne met pas fin aux fuites urinaires, au contraire. L’accouchement malmène le périnée. En effet, affaiblies, les structures musculaires peinent à soutenir le sphincter de l’urètre dans son rôle de continence. Le risque d’incontinence augmente à chaque accouchement, si le travail est long, en cas de gros bébé ou lors d’extraction par forceps. Les fuites urinaires après accouchement sont donc très courantes.

Pendant la grossesse: quelques précautions

Le poids du bébé appuyant sur la vessie est la première cause des fuites urinaires durant la grossesse, mais c’est bel et bien le plancher pelvien qui est mis à rude épreuve à chaque grossesse. Il est conseillé d’éviter de prendre trop de poids pour ne pas favoriser un relâchement important du périnée et, par là même, d’entrainer la survenue de fuites urinaires après accouchement. Il est primordial de préserver votre périnée: ne portez pas de charges lourdes durant votre grossesse même si vous vous en sentez capable.

Enfin, lors des séances de préparation à la naissance, vous découvrirez l’anatomie et la physiologie du périnée, puis des exercices pratiques pour renforcer la musculature périnéale en amont de l’accouchement. Ne les négligez pas.

Juste après l’accouchement

Tout de suite après l’accouchement il est inutile de s’alarmer outre-mesure en cas de fuites urinaires. Elles sont fréquentes après l’accouchement. En effet, il faut laisser le temps aux tissus de récupérer leur fonctionnement normal. Ces derniers doivent cicatriser et retrouver leur tonus. Pour ce faire, un temps de repos est nécessaire. En général, on voit la continence urinaire rentrer dans l’ordre en quelques semaines. Dans l’attente d’un retour à la normal, utiliser des protections anatomiques féminines se révèle être une solution efficace contre les fuites urinaires après l’accouchement.

Ne pas négliger la rééducation périnéale

La rééducation du périnée est la seule solution pour prévenir les fuites urinaires post-accouchement. Six à huit semaines après l’accouchement, il est indispensable d’entamer les séances de rééducation du périnée. Ces séances, dont les dix premières sont remboursées par la sécurité sociale, se déroulent chez un professionnel de santé (sage-femme, kinésithérapeute ou physiothérapeute). Communément appelés exercices de kegel, ces exercices musclent le plancher pelvien (voir notre article sur les 5 idées reçues au sujet des problèmes de vessie (et comment la rééduquer naturellement)). Ils peuvent être couplés aux méthodes d’électrostimulation fonctionnelle pour diminuer les fuites urinaires après l’accouchement. Une sonde dans le vagin va envoyer des petites impulsions qui vont faire contracter les muscles ou de manière externe. Un appareil, “Innovo”, permet désormais la rééducation du périnée, sans aucune sonde : Innovo utilise l’électro stimulation de manière externe.

Surtout ne pas recommencer les séances de sports, et à fortiori les abdominaux, tant que vous n’avez pas efficacement rééduqué votre périnée.

Enfin, même si vous avez accouché par césarienne, prenez le temps de mener à bien cette rééducation. La grossesse seule suffit à détendre les muscles du plancher pelvien.

En dernier recours la chirurgie

La pose de bandelettes par intervention chirurgicale est la dernière solution à envisager seulement si une “descente de vessie” est avérée. Le corps médical s’en assure après des examens que l’on appelle des épreuves urodynamiques. Ces examens vont mesurer les pressions, les débits, etc… Quant à l’opération en elle même, il ne s’agit pas d’une chirurgie lourde. Elle peut se faire en ambulatoire par les voies naturelles. Elle consiste en la pose de petites bandelettes sous l’urètre pour remonter la vessie et l’accrocher.

Si, malgré tout, vous êtes toujours sujette à des fuites urinaires plusieurs mois après votre accouchement, sachez qu’il existe des protections féminines très discrètes en attendant de voir s’améliorer l’état de votre périnée. Des culottes d’incontinence intraversables peuvent aussi être un bon moyen pour palier aux désagréments des fuites urinaires post-accouchement.