Quel pansement pour quelle plaie ?

Dans le processus de cicatrisation, tout d’abord il y a formation d’un caillot puis vient la phase inflammatoire et son rôle anti-infectieux, et pour finir la phase de reconstruction. Durant toutes ces phases, il est important de conserver un milieu humide tout en protégeant la plaie. Le rôle du pansement est alors primordial, mais il ne faut pas se tromper dans le choix du type de pansement au risque de retarder la cicatrisation.

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Pour que votre plaie se soigne correctement il convient de respecter les principes de base d’une bonne cicatrisation:

  • Créer un milieu humide pour nourrir la plaie
  • Favoriser les échanges gazeux pour que la plaie respire
  • S’adapter à l’évolution de la plaie
  • Choisir un pansement qui n’adhère pas à la plaie

Conserver un milieu humide

Le pansement doit permettre de conserver un niveau d’humidité suffisant pour la cicatrisation de la plaie. En effet, le milieu humide favorise les réactions du métabolisme cellulaire et la différenciation des cellules. En revanche, il ne faut pas un milieu trop humide pour éviter la macération.

Alors qu’auparavant il était d’usage de changer le pansement quotidiennement, aujourd’hui seuls les pansements sur plaies infectées doivent être changés quotidiennement. Les technologies de fabrication ayant évolué, il existe des types de pansements permettant de laisser s’échapper la vapeur d’eau (exsudats) sans toutefois être perméable aux bactéries. Il n’y a alors pas d’agression pour la plaie lors de la cicatrisation. De plus, la douleur liée aux terminaisons nerveuses qui baignent alors dans du liquide physiologique est amoindrie.

Les différentes plaies

Il existe quatre stades cicatriciels possibles d’une plaie : nécrosé, fibrineux, bourgeonnant, épidermisé.

  • Plaie nécrotique, reconnaissable par sa couleur noire. Il faut ramollir cette zone pour ensuite la retirer. Pour cela, il faut employer des pansements humides. Dans l’idéal, il faut utiliser un hydrogel couvert par un pansement.
  • Plaie fibrineuse, empêche les tissus sains de respirer.
  • Plaie bourgeonnante, c’est-à-dire en phase de guérison, optimiser cette phase grâce à un pansement hydrocellulaire.
  • Plaie d’épidermisation, le pansement doit alors juste avoir un rôle protecteur. Il est utile d’utiliser des corps gras pour finaliser la cicatrisation.

Les grandes familles de pansements

Plusieurs facteurs permettent de choisir la typologie de pansement à utiliser sur une plaie. L’idéal est de se rapprocher d’un technicien de santé, d’un pharmacien, d’un médecin, d’une infirmière qui sauront vous aiguiller vers le bon type de pansement.

Voici tout de même quelques indications:

  • Alginates: avec ou sans carboxyméthylcellulose (CMC). Les alginates sont des polymères d’acides alginiques obtenus à partir d’algues, caractérisés par leur capacité d’absorption et vertus hémostatiques.
    Les pansements alginates sont recommandés pour le soin des plaies fibrineuses humides (plaies aiguës suintantes) et des plaies hémorragiques.
    Les alginates sont aussi utilisés dans le soin des plaies chroniques en phase de détersion fibrineuse et même pour la granulation dans le cas de plaies fistuleuses, creusées ou planes : escarres, ulcère…).
    Ils ne doivent pas être utilisés sur des escarres au stade de la nécrose sèche ou sur des plaies non exsudatives.
  • Fibres de carboxyméthylcellulose (CMC , dites aussi hydrofibres): en majorité composées de fibres non tissées de carboxyméthylcellulose (CMC) pure. Ces fibres se transforment au contact des exsudats en gel cohésif, caractérisé par sa capacité d’absorption. Les CMC existent sous forme de compresses ou de mèches.
    Ces pansements sont conseillés sur des plaies exsudatives à très exsudatives sans distinction de phase, mais surtout phase de détersion. A ne pas utiliser sur des nécroses ou escarres sèches.
  • Hydrocellulaires: ce sont des pansements constitués de polymères absorbants (généralement de la mousse de polyuréthane). Ils existent sous forme adhésive ou non, de formes anatomiques ou encore de formes adaptées permettant de remplir des plaies cavitaires.
    Indiqués dans le cadre de plaies chroniques au stage de bourgeonnement ou des plaies aiguës à tous les stades. Contre indiqués si allergie connue à l’un des constituants (adhésif) et sur les plaies infectées sauf si traitée par antibiothérapie par voie générale.
  • Pansement au charbon actif: constitués de différents supports auxquels a été ajouté du charbon actif pour absorber les molécules responsables des mauvaises odeurs des plaies. Ils existent sous forme de plaques et compresses.
    Conseillés sur des plaies plus ou moins exsudatives, plus ou moins malodorantes et plaies cancéreuses (ORL, peau, sein principalement).
  • Pansement à base d’acide hyaluronique: ils contiennent de l’acide hyaluronique (constituant naturel du derme) et existent sous diverses formes (crèmes, compresses, sprays, etc.). Particulièrement indiqué dans le traitement des ulcères à la jambe.
  • Pansements vaselinés: constitués d’une trame imprégnée ou enduite de vaseline. Leur retrait peut être douloureux car ils adhèrent peu à peu à la plaie.
    Indiqués sur les plaies bourgeonnantes et faiblement suintantes il sont contre-indiqués sur les plaies exsudatives.
  • Interfaces: constitués d’une trame enduite de polymères de différents types, tels que du gel de silicone. Ils ont une adhérence faible même en utilisation prolongée ce qui les différencie de simples pansements gras et limite le traumatisme et la douleur lors du retrait du pansement.
    Indiqués dans les phases de bourgeonnement et d’épidermisation de plaies faiblement suintantes mais également d’épidermolyse bulleuse (maladie génétique rare de la peau). Contre indiqués sur des plaies exsudatives ou en cas d’hypersensibilité à l’un des composants.
  • Pansements à l’argent : pour les plaies infectées, constitués de différents supports (crèmes, compresses, plaques, etc.) auxquels a été ajouté de l’argent sous des formes physico-chimiques variées. Ils sont à visés antibactérienne à spectre d’action large.
    Indiqués dans les ulcères à la jambe à caractère inflammatoire avec au moins 3 des 5 signes cliniques suivants: douleur au changement du pansement, érythème périlésionnel, oedème, plaie malodorante, exsudat abondant.
  • Pansements au NOSF (Nano-OligoSaccharide-Factor): Le NOSF limite l’action des métalloprotéases matricielles sur la dégradation protéique de la matrice extracellulaire et favorise le bourgeonnement. Ils n’adhèrent pas à la plaie.
    Indiqués en phase de bourgeonnement d’un ulcère variqueux.
  • Pansement hydrocolloïdes: constitués de polymères absorbants, dont les propriétés sont liées à la présence de carboxyméthylcellulose. Ils existent sous forme de plaques adhésives, de poudres ou de pâtes.
    Indiqué à tous stades de plaies dans leur version épaisse. Les hydrocolloïdes fins le sont pour des érythèmes, dermabrasion, en phase de bourgeonnement.
  • Hydrogels: ce sont des gels contenant plus de 50% d’eau. Ils sont destinés à assurer l’humidification des plaies. Ils existent sous forme de plaques, de compresses imprégnées et de gels. L’eau hydrate la plaie et dissout les tissus nécrotiques.
    Ils favorisent la détersion des plaies sèches, peu exsudatives fibrineuse ou nécrotique.
    Contre-indiqués sur des plaies infectées, exsudatives en l’absence de revascularisation associée (momification).

Sachez que certaines plaies, chroniques ou aiguës, ouvrent droit au remboursement des pansements.